Je vais vous dire, le plan, à la base s’était rentré en France après le Brésil pour voir la famille et pour le boulot, mais les prix des billets d’avion étaient à 1100 € alors autant vous dire que même pas en rêve ! J’ai trouvé au final à 550€ un vol au départ de Montevideo pour Paris CDG. Deux semaines plus tard, je débarque dans le premier pays à avoir gagné la coupe du monde de football : l’Uruguay. Au programme de ce voyage d’un mois et demi : de nouvelles expériences, beaucoup de décisions prises sur le pouce, un pays surprenant et des rencontres inoubliables.
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Une arrivée en douceur
Ce matin, j’atterris à l’aéroport, sans aucunes mais alors aucunes idées d’à quoi m’attendre ici, sauf peut-être que ça doit être similaire à l’Argentine (maté, asado, alfarojes, empanadas, les deux ll qui se prononcent ch…). Je vais rapidement me rendre compte que ça n’a rien à voir.
L’aéroport est super moderne, mais étonnamment petit, je prends un Uber pour me rendre à mon logement, une grande maison simple, avec jardin (mon endroit préféré) pour boire le maté bien sûr et ma chambre, spacieuse, simple avec un lit, une armoire et un bureau.
Le prix d’un Uber de l’aéroport au centre-ville varie entre 20 et 25€ en sachant que les taxis proposent des prix similaires et ils sont très sérieux. Le trajet dure environ 30 minutes.
Les prix les plus bas pour une chambre privée dans un logement partagé sont de 20€ par nuit.
Je ne sais pas vous, mais personnellement, je trouve que c’est agréable d’être dans des lieux charmants, avec une ambiance, les logements tout neufs ça ne me fait pas kiffer.

La photo juste au-dessus, c’est Hector initié par moi-même au maté. Spoiler alerte : il deviendra addict !
PS : Fumer tue !
Première chose que je fais en arrivant après mettre installé, c’est partir voir el Rio de la Plata, pour vous situer le logement est sur le boulevard Artiguas à deux pas du Parque Rodo, si vous continuez il y a une petite fête foraine et ensuite la plage, l’endroit est super apaisant, la plage est belle et après 17h la rambla (une longue piste le long des quais) est bondée de personnes, les gens boivent le maté, discutent, nagent et mangent des tortas fritas (beignet frit dans du gras).
À la découverte des alentours
Ce soir un marché nocturne s’est installé le long du Parque Rodo, je décide de me faire un petit cadeau : un thermos pour mon maté.
Le lendemain, je pars visiter Ciudad Vieja (la vielle ville). Il faut que je vous parle de quelque chose, depuis mon arrivée, j’ai comme le sentiment que Montevideo qui est quand même la capitale est une ville fantôme, peu de bruits, pas énormément de gens dans le centre-ville et plusieurs maisons qui semble inhabité dans certains quartiers comme Palermo qui est pourtant magnifique, toues les maisons sont basses et de couleurs différentes.

Des rencontres incroyables
La première rencontre que je fais dans ce pays, c’est Hector, un colombien qui travaille ici depuis peu, notre rituel, c’est de boire le maté le soir dans le jardin (il loue une chambre dans la même maison que moi). Hector, c’est un mec gentil, cultivé et qui aime l’humour noir lol.
Le second : Jaso de son vrai nom Jacinto est la personne qui va faire que mon voyage va prendre une toute autre tournure. C’est une personne qui attire mon attention, car il a un côté cool, sans pression, détendu.

Il gère un peu tout concernant le logement et cet aprèm, je bois le maté et je l’invite à compartir (partager). Un peu plus tard, il me propose de venir avec lui et Faqu, un ami à lui à la plage loin du centre-ville se détendre.
De fil en aiguille, me voilà en route pour La Paloma !
Mes journées durant la première semaine ici sont similaires, travail, sport, cours et ainsi de suite. Mais ça commence à me gaver, je ne vais pas vous mentir, après avoir vécu au Brésil pendant un mois, à Rio cette ville ou tout bouge, l’ambiance est toujours présente, l’avant après me fais une drôle de sensation. Cependant, un beau jour, je me réveille avec l’idée de partir, c’est le week-end et je ne veux pas rester en ville, pourquoi ne pas aller à la campagne ? Je croise Jaso et je lui dis “tu connais un endroit sympa ou je pourrai me reposer, dans la nature, au calme ?” puis il me répond “va à La Paloma” je lui dis oui ça a l’air sympa, je vais regarder les logements, puis il rétorque sans même me laisser terminer ma phrase “mon frère est là-bas en ce moment dans notre maison, je l’appelle, tu peux squatter avec lui” je lui explique que c’est un peu trop, je suis gêné, je ne vais pas déranger quelqu’un. Même pas le temps de trouver un logement sur Airbnb qu’il m’envoie le contact de son frère, je me dis aller, j’envoie un message au culot, on va voir un peu le délire puis j’aviserai.
Son frère, c’est Justo de son vrai nom Justino la troisième personne que je rencontre, il deviendra rapidement un ami cher à mes yeux pour son grand cœur, un mec, un vrai, d’une gentillesse incroyable. Après trois messages, on se met d’accord, je sors de la mosquée, je prends mon billet de bus puis deux heures après, je suis parti pour 3h30 de route direction La Paloma au départ du terminal de bus Tres Cruces, le ticket m’a couté 750 pesos aller et la même chose pour le retour.
Le début d’une belle expérience
J’arrive à 23h30 au terminal de bus de La Paloma, accueilli par l’air frais de la campagne, les pins, les chemins de sable… Trop agréable ! En marchant vers la maison, je croise Justo qui fait le chemin inverse pour venir me chercher. Il me propose de longer la plage, Vapai nerai ! Nieri c’est la bonne manière de le dire, mais c’est un délire entre nous, ça veut dire : vazy, let’s go. La plage est similaire à celle de la côte atlantique qu’on a du côté de Lacanau, Carcans… Mais en plus large et moins de monde en sachant qu’en Uruguay, c’est l’été (les saisons sont inversées).
En moyenne un restaurant en Uruguay vous coutera 1500 pesos soit 30€ et quelques.
Ensuite, nous arrivons dans cette petite maison au milieu des pins, je suis in love, c’est un endroit plein de charme. À l’intérieur, deux autres habitants sont présents, Ema le chat et Sativa alias habiba le chien de Justo qui au premier abord se méfie de moi, ce que je peux comprendre, je suis un inconnu qui ne connait même pas son maître et je m’apprête à passer le week-end ici. Heureusement, au bout d’une heure ou deux, on devient bon ami et elle commence à me faire des bisous et des câlins, elle va même dormir avec moi une partie de la nuit. Je parle avec Justo jusqu’à tard dans la nuit, ensuite, on sort manger dans un resto dans le centre-ville, voir le phare, la vielle ville et quelques amis à lui.

Une journée chargée
Ce matin, réveil en douceur avec Ema (le chat), Justo me prépare sa spécialité, un café avec du lait chocolaté, je le regarde faire et attention, c’est du sérieux ! Je n’ai rien à redire niveau goût, c’est sympa. Après avoir pris des forces, on part courir jusqu’au lagon qui est à 7 ou 8 kilomètres, le chemin est top, chemin ensablé, forêt de pins, chevaux…
Arrivé à la plage, on se baigne évidemment puis on part pour une longue marche au bord du lagon sous le soleil, au bout d’un moment, l’envie de manger des fruits commence à être forte alors, on fait demi-tour en longeant la plage, on remarque qu’on est très loin… Toutes les 30 minutes, même moins, on fait un plongeon histoire de se rafraichir. Sur la route, on voit une tortue, un tatou, un dauphin et un phoque, morts tous les quatre.
À 17h, on rentre après 6 heures de marche, la peau asséchée par le sel et quelques coups de soleil. Pas d’inquiétude, on sait comment faire le plein d’énergie : avec un plateau de fruit de déglingué !
Ce soir, on part manger dans un resto qui vaut vraiment le détour : Sushi y Comida Peruana Fusion, un restaurant péruvien et oui parce que depuis mon voyage au Pérou, je fais que pensé à la cuisine, aux produits frais et aux prix ! Au menu ce soir : ceviche, sushi, causa limena et chicha bien sûr (une boisson, pas celle qu’on fume) !
Dans la soirée, on va à la Perera en taxi voir un peu ce que ça donne. Pendant le trajet de 10 minutes à peine, j’ai cru que j’allais crever 20 fois avec ce chauffeur qui roule comme un malade.
Le devoir m’appelle
Après le week-end retour à Montevideo pour ma semaine de travail, de cours, etc et devinez quoi… Je suis retourné à la Paloma le week-end d’après… Oui j’avoue je kiff ce lieu, Dieu seul sait à quel point j’aime la campagne !
La Paloma me revoilà !
Au programme de cette deuxième virée : piscine, plage, bonne bouffe et juste ce qu’il faut de sport, en gros chill !

Les calzones de la Honda c’est une tuerie !
Je vais faire une parenthèse sur la dernière soirée passée là-bas. Justo et moi décidons de commander à manger, une milanesa pour lui et moi un bauru (un hamburger XXL) on mange bien puis on s’endort devant Blink Twiceun film que je vous recommande fortement.
Vers 1h du matin, on se réveille et on se met à discuter d’un rêve, ensuite bien réveillé, on part retrouver Mati, Matteo, Lilian et Paulpour passer la soirée avec eux, une soirée au top et au lever du soleil, on regarde le lever de soleil au phare face à l’océan. Vous savez, il n’y a pas mieux que des amis avec qui on peut se contenter de choses simples et réellement apprécié le moment.
C’est mon dernier moment à La Paloma avant un bout de temps, je le sais et je peux déjà vous affirmer que les plus belles aventures que je vivrai dans ce pays seront ici.

La mosquée, ma maison à l’étranger
J’ai oublié de vous dire ! Je prends des cours d’arabe dans la capitale tous les mardis et jeudis et le dimanche, c’est cours de Coran à la mosquée près de l’ambassade égyptienne avec l’imam, sheikh Muhammad un homme d’une extrême bonté. En parlant de ça, un soir un frère de la mosquée nous invite à manger de la viande (halal) ça faisait au moins deux mois que je vivais comme un végétarien alors autant vous dire que ça m’a fait du bien.
Le déménagement

En ville, j’ai visité le Jardin botanique et j’ai aussi changé d’appartement pour le quartier de Villa Munioz, juste en face du MAM (le marché couvert). La chambre est charmante, avec deux balcons et elle est spacieuse.
Rock’n Roll baby !
Un soir Justo m’envoie un message, je suis avec Jaso en train de me baigner pour me dire qu’il y aura un gig le 30 janvier et dans la programmation : Divididos ! Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un groupe de rock/blues argentin fondé par Ricardo Mollo et Diego Arnedo deux anciens membres du groupe le plus mythique d’Argentine, j’ai nommé SUMO fondé par Luca Prodan qui a fait un carton dans les années 80 et qui disparaitra avec la mort de Luca. Enfin pour dire que j’y suis allé, le père de Justo nous a amené à Atlantida une ville côtière très hippie, avec une bonne ambiance.

Matteo, Justo et moi avons profité un max de la soirée et nous sommes rentrés à je ne sais plus quelle heure en bus que nous avons pris au milieu de la foret mdr. Quelques jours plus tard, je vois Matteo, on passe un après-midi ensemble pour se dire adieu. Matteo et moi avons des points communs, dans nos passions notamment pour la nature et ce mec à des connaissances sur le sujet alors c’est enrichissant d’échanger avec lui.
Quelques jours en accélérés : j’ai visité le Contemporary Art Space, c’est gratuit et magnifique, regardez par vous-même, j’ai été à la Feria Tristan Narvaja, le plus grand marché de la ville qui a lieu tous les dimanches et j’ai bu pour la première fois dans le maté d’Hector sur la plage, un événement important !
La fin approche…
Dernier arc de mon voyage et on commence fort avec le gig de Jaso, YA SABE ! Un ami à organiser une soirée dans son jardin et Jaso et son groupe Los Walrus ont joué et sincèrement ce n’est pas parce que c’est mon poto, c’était super bien !

Sur place, Ringo, Santiago (deux anciens colocataires), Justo et une bonne trentaine ou quarantaine de personnes étaient présentes.
Dans la nuit, un sentiment amer me prend, il ne reste plus que trois jours et pourtant la nostalgie pourrait déjà me surprendre, Ayoub, reprends-toi ! Profite, on est encore ici !
Le voyage arrive à sa fin, les derniers jours sont dédiés à rendre visite à des amis, nous sommes allés au Carnaval de la ville.

La veille de mon départ, je rends visite à Jaso et Justo, on regarde Ratatouille, parle et joue au jeu des couleurs, enfin moi je l’appelle comme ça, le principe est simple mettre des couleurs sur des mots de manière spontanée, après les au revoir ont suivi.
Un moment chiant, on ne va pas se mentir, car c’était honnêtement agréable, j’avais un style de vie confortable, mais son côté éphémère contribue à sa beauté.
Mercredi 12 février 2025 : matin du départ, 4h20 Hector me rejoint, il insiste pour m’accompagner à l’aéroport et boire un dernier maté et c’est fini après 1 mois et demi… Purée qu’est-ce que ça a été enrichissant, tellement différent et à la fois bizarre dans ce pays où je suis venu sur un coup de tête pour une histoire de bonne affaire concernant mon billet d’avion. La vie est pleine de surprises, Al Hamdulilah (louange à Allah).
Pour mes frères et sœurs musulmans : l’Uruguay est un pays peuplé d’habitants, je dirai ouvert d’esprit. Je pratiquais sans problème et toutes les rencontres que j’ai faites ont été bienveillantes concernant le sujet. Le seul problème : la viande halal.
Alala, on en a eu de bonnes discussions avec Santiago et Justo sur le sujet.
Nos vemos Uruguay y todos mis amigos, vous allez me manquer les gars ! Cuidense.
On voyage pour changer non de lieu, mais d’idées.




