Cet article, je pense qu’il sera utile, mais aussi très personnel. J’essaierai de l’être le moins possible, par pudeur, ou du moins de garder une certaine limite dans mes propos. Mais la solitude en voyage, c’est quelque chose que nous vivons tous, je crois, lorsqu’on part seul.
Attention, cela ne veut pas dire ne pas faire de rencontres ou ne pas se lier d’amitié. Se faire des amis, créer des liens profonds, des vrais, je trouve que c’est très compliqué. Pour ceux qui affirment cela, ce n’est pas toujours la réalité. Et tant mieux d’ailleurs, car des amis, j’en ai peu, mais j’en ai peu parce que la quantité n’a aucune importance quand on parle d’amitié. Ce qui compte, c’est la qualité, du moins pour moi.
Les prémices de mes propos
Quand je parle de solitude, ce sont ces petits moments avant de dormir, quand vous réalisez que vous êtes loin de tout le monde. Ces trois jours d’affilée où vous vous rendez compte que vous n’avez parlé à personne, ou presque. Ces instants où, après cinq mois de voyage, vous vous dites que c’est ça, le bonheur… ou du moins que ça en fait partie. Et puis soudain, vous réalisez que tout ce qui vous rend vraiment heureux se trouve peut-être chez vous.
Attention toutefois : je ne dresse pas ici un tableau noir du voyage, loin de là. Voyager, c’est magnifique. Et comme je le dis toujours, je n’en parle jamais de manière péjorative. Ce que je partage ici, c’est simplement sincère et honnête, ce sont des faits, qui pour moi, n’ont rien de négatif.
Voyager seul, c’est synonyme de liberté, de paix et de fierté. Qu’est-ce que je veux dire par fierté ? C’est une forme d’accomplissement de soi. Ce n’est pas le but premier, ce n’est pas ce que je me dis en partant, mais une fois qu’on le fait, on réalise que, finalement, quand on est capable de ça… est-ce qu’on a vraiment besoin de quelqu’un ?
Voyager avec des amis, c’est souvent s’amuser, s’oublier un peu, être plus insouciant et plus motivé à bouger. Mais c’est aussi, pour certains et j’en fais partie, au bout d’un moment fatiguant ; tout ce qui paraissait si beau au début finit parfois par nous agacer.
Dans la solitude, j’ai trouvé ce qu’il me fallait ou du moins, ce que je cherchais. Dormir seul, bouger seul… mais dans tous ces moments, ces déplacements, j’ai rencontré des gens : certains que j’ai aimés, d’autres qui m’ont intrigués, d’autres encore qui m’ont simplement parlés. Il y en a que je n’oublierai pas, d’autres que je ne reverrai jamais, même si leur passage m’a marqué. Voyager seul, c’est grandir, c’est apprendre à se confronter à la difficulté, à se comprendre soi-même.
Voyager seul, c’est aussi réaliser l’importance de la famille, la valeur de la reconnaissance pour ce qu’on a, la beauté du monde, des moments présents, et la nécessité de prendre son temps.
On dit, en Islam, que la solitude peut-être bénéfique mais que :
«Le croyant qui se mêle aux gens et patiente sur leurs torts est meilleur que celui qui ne se mêle pas aux gens (…)» – le Prophète صلى الله عليه وسلم
On dit aussi en régle général qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné.
Et qu’en même temps, rien ne vaut de bons amis.
On dit enfin qu’à plusieurs, on va plus loin.
Vous l’aurez compris, ce sujet est paradoxal.
Maintenant que j’ai été sincère et que j’ai parlé un peu comme un poète, ne m’en voulez pas si mes mots débordent. Il est 0h17, je marche seul dans la nuit, mon téléphone dans la main droite, dictant ces pensées à voix haute. Je crois que je peux dire que l’inspiration est là, alors je n’en perds pas une lettre.
Mes conseils pour rencontrer des âmes en voyage
Maintenant, je vais donner quelques conseils sans prétention bien sûr pour rencontrer du monde lorsqu’on voyage seul.
Je précise que ces conseils viennent d’un homme qui n’est pas timide, mais pas non plus culotté.
Je ne fume pas, je ne bois pas, je ne parle pas de sexualité de manière douteuse, je ne joue pas au foot car je n’aime pas ça. Autant de choses qui, dès le départ, ferment beaucoup de portes aux similitudes avec d’autres.
Mais pourtant, ces conseils vous permettront quand même de faire des rencontres. Vous verrez : la preuve, j’en ai fait beaucoup et certains sont même devenus de vrais amis.
1. Déjà, soyez souriant. C’est important dans la vie en général, mais encore plus si vous voulez attirer des gens.
2. Sortez dans les parcs, prenez un maté, ou si vous n’en avez pas, un café ou un thé. Asseyez-vous sur une serviette, lisez un livre, profitez du moment.
Il y aura toujours quelqu’un ou du moins, ça peut arriver, qui viendra vous parler. Si vous avez du maté, on vous demandera sûrement ce que c’est, et si vous avez de la chance, ce sera un Argentin ou un Uruguayen (entre autres). Et tout de suite, la conversation s’engagera naturellement.
3. Soyez vous-même, c’est essentiel.
4. Je dirais aussi que le conseil de base, c’est de faire de la colocation. Parce que forcément, vous allez échanger avec vos colocataires, dans mon cas, ce sont souvent eux qui sont devenus mes plus proches amis.
5. Faites des activités que vous aimez. Peu importe lesquelles, je dis un exemple au hasard, le tir à l’arc. Trouvez un endroit où vous pouvez pratiquer. Les passions créent des liens, toujours.
6. N’hésitez pas, quand vous avez besoin de quelque chose (même si vous savez que vous pourriez trouver la réponse sur Internet), à demander aux gens autour de vous.
C’est un peu machiavélique, je l’admets, mais je le fais souvent. Ce n’est pas pour “gratter l’amitié”, mais simplement parce que c’est trop facile de tout chercher en ligne. Alors je me fixe parfois cette petite règle : poser la question plutôt que de googler.
Ça a deux avantages :
d’abord, vous pratiquez la langue du pays (ou du moins, vous engagez une vraie interaction), ensuite, vous créez du lien.
Souvent, la personne vous demandera d’où vous venez, ce que vous faites ici… et parfois, sans même vous en rendre compte, ça finit par : “Prends mon numéro, on se reverra pour manger ensemble.” Et voilà, une belle rencontre est née.
7. Déplacez-vous en transports en commun ou à pied, car c’est aussi une occasion de rencontrer du monde. Prendre un taxi tout le temps, même quand ce n’est pas cher, fait que vous allez simplement d’un point A à un point B sans jamais vraiment vous arrêter ni prendre le temps.
8. Soyez ouverts d’esprit, sans pour autant oublier vos principes. Ce que je veux dire par là, c’est que quand on voyage, on rencontre souvent des gens très différents de nous, parfois même complètement. Mais tant qu’ils nous respectent, du moins pour moi, tant qu’on me respecte, je suis toujours ouvert à la discussion.
9. N’ayez pas peur de garder contact avec les personnes que vous rencontrez. Honnêtement, je ne le fais pas souvent, mais quand je croise quelqu’un de cool, avec qui le feeling passe bien, je n’hésite pas à dire : “Viens, on garde contact, passe ton numéro ou ton Instagram.” Il ne faut pas toujours attendre que ce soit l’autre qui fasse le premier pas. Si vous avez envie de faire quelque chose, faites-le.
10. Un conseil qui paraît simple mais qui ne l’est pas toujours : sortez !
Je ne dis pas forcément de visiter pour dépenser de l’argent à chaque fois, je comprends tout à fait qu’on n’en ait pas toujours les moyens. Quand on voyage sur la durée, on pratique souvent ce qu’on appelle le slow travel, et c’est très bien. Mais sortez quand même, même si vous êtes fatigués ou que vous n’avez rien de prévu. Faites une petite marche, regardez les bâtiments, découvrez un quartier que vous n’avez pas encore vu. Sortir de chez vous, c’est aussi l’occasion de faire des rencontres.
11. Faites l’effort de parler la langue du pays.
C’est, selon moi, la base. Même si ce n’est que quelques mots : “bonjour”, “comment ça va”, “je m’appelle…”. Les gens apprécient énormément cet effort, ils sont fiers et contents que vous essayiez de parler leur langue. Dans tous les pays que j’ai visités, ça a toujours fait la différence.
12. Un conseil qui s’adresse plutôt aux croyants, sans volonté d’exclure qui que ce soit. Si vous êtes musulman, chrétien, juif ou autre, rendez-vous dans les lieux de culte. Vous y rencontrerez des personnes qui partagent vos valeurs, votre vision de la vie, ou du moins une partie importante de celle-ci. C’est souvent une belle manière de créer des liens sincères, même à l’autre bout du monde.
13. J’arrive à mes derniers conseils. Il y a quelque chose que je n’ai fait qu’une seule fois, poussé par un ami à moi : la rencontre amicale. J’en avais entendu parler depuis des années, mais je suis quelqu’un d’assez réservé, alors entrer dans une salle où tout le monde est là pour se rencontrer, ce n’est pas vraiment mon truc.
En Turquie, mon colocataire Sinan, un Kurde qui avait vécu en Colombie, voulait justement assister à une rencontre amicale dont le point commun entre les participants était de parler espagnol, un peu ou couramment. Lui maîtrisait très bien la langue, mais n’osait pas y aller seul, alors il m’a demandé de l’accompagner. J’y suis donc allé, et honnêtement, c’est une excellente manière de rencontrer du monde.
C’est tout de même une expérience un peu différente, je dirais. Dans mon cas, la plupart des participants étaient un peu plus âgés que moi. J’ai 23 ans, et la moyenne d’âge devait tourner autour de la trentaine. Mais ça ne change rien : quand on est à l’étranger, on rencontre des gens de tous horizons et de tous âges. J’ai des amis de vingt ans, d’autres de cinquante, c’est ce qui rend l’expérience encore plus riche.
14. Mon dernier conseil, c’est de profiter du moment présent sans se concentrer uniquement sur le fait de créer des amitiés ou de rencontrer du monde. En voyage, j’ai croisé des gens qui n’avaient que cet objectif-là : socialiser en permanence. Mais quand ça devient votre but principal, vous passez à côté de ce que vous êtes vraiment venus chercher peut-être les paysages, la paix, ou la culture.
Rencontrer des gens, c’est très bien, mais il faut que cela se fasse naturellement, ou au moins semi-naturellement. Tu peux avoir des démarches plus personnelles ou des occasions un peu provoquées, mais l’essentiel, c’est que ce ne soit jamais une contrainte, ni une obsession.
Rencontrer des gens ou se faire des amis en voyage, c’est quelque chose d’extraordinaire. C’est sans doute la plus belle chose qui puisse vous arriver lors d’un voyage. Vous voyez ce que je veux dire : ces rencontres viennent sublimer le séjour, le rendre plus intense, plus vivant.
Quand je repense aux amitiés que j’ai nouées à l’étranger, je réalise à quel point elles ont changé mon quotidien. Je sortais plus souvent, je ressentais moins le poids du travail ou des études. La vie devenait plus agréable, parce que je savais que j’allais revoir ces personnes, partager un moment, discuter, rire.
Et quand on passe du temps avec quelqu’un qu’on apprécie vraiment, on pense moins, on respire mieux. Attention, je ne dis pas que mes pensées sont négatives, mais simplement qu’elles sont souvent tournées vers le travail, la création, le développement personnel ou professionnel. Cela met parfois une pression inutile, une fatigue intérieure qui me détourne du véritable objectif : vivre pleinement et simplement.
Où se trouve le bonheur ?
En début d’article, j’ai évoqué le bonheur, et le fait que beaucoup le recherchent à travers le voyage. C’est d’ailleurs une erreur de formulation de ma part : je ne crois pas que le bonheur se trouve dans le voyage. Le bonheur, selon moi, se trouve en nous.
Le voyage peut parfois l’éveiller, le révéler, mais il ne le crée pas.
Malheureusement, beaucoup d’entre nous oublient cela. Nous devrions être capables de ressentir le bonheur sans rien faire de particulier. J’essaie depuis des années d’être conscient et reconnaissant du bonheur présent dans ma vie, mais j’avoue qu’il m’arrive de l’oublier, parfois pendant quelques heures. Puis, soudain, un moment de lucidité, un sourire, ou une discussion inattendue nous le rappelle… et il revient. Puis on se distrait, on pense à autre chose, et on l’oublie à nouveau.
Mais le bonheur est toujours là, même au milieu des difficultés. Il faut juste apprendre à le chercher à l’intérieur.
Je terminerai avec une petite histoire :
Trois personnes discutaient de l’endroit idéal où cacher le bonheur.
La première dit : « Mettons-le sur la plus haute montagne du monde. »
La seconde répondit : « Non, l’humain grimpera, il surmontera tout pour l’atteindre. »
La troisième proposa : « Cachons-le sur la Lune. »
Mais un autre répondit : « Non, l’humain ira jusque-là, il créera des fusées. »
Alors, le dernier dit :
« Le seul endroit où cacher le bonheur, c’est à l’intérieur de nous. Car l’humain est souvent distrait… mais s’il se concentre, il le trouvera. »
Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. Si vous souhaitez en lire d’avantage, cliquez ICI.




