L’Érythrée est l’une des destinations les plus méconnues et les plus difficiles d’accès au monde. Pas de tourisme de masse, peu de guides à jour, des règles administratives strictes, un système de paiement exclusivement en espèces et une presse internationale qui en parle rarement pour de bonnes raisons : et pourtant, ceux qui s’y aventurent reviennent avec les yeux brillants. Une capitale inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, surnommée “la Piccola Roma d’Afrique”. Un archipel de mer Rouge d’une beauté rare. Une culture ancienne, mosaïque de neuf groupes ethniques. Des habitants d’une hospitalité désarmante. Et un sentiment puissant de voyager vraiment hors des sentiers battus.
Ce guide est conçu pour vous donner toutes les informations vérifiées : visa, Travel Permit, sécurité, santé, budget, vols, incontournables, pour préparer votre voyage en Érythrée depuis la France. Aucune approximation, aucune information inventée.
Sommaire

L’Érythrée en bref
Avant d’entrer dans le détail, voici les repères essentiels sur ce pays peu connu :
- Superficie : 117 600 km² (un peu plus que le territoire français métropolitain, incluant les îles)
- Population : environ 3,5 à 3,7 millions d’habitants estimés (les données officielles sont rares)
- Capitale : Asmara, perchée à 2 325 mètres d’altitude sur les hauts-plateaux
- Langues officielles : tigrigna, arabe et anglais — le français n’est pas parlé
- Religion : mosaïque entre christianisme orthodoxe (majorité parmi les habitants des hauts-plateaux) et islam sunnite (majorité parmi les populations des plaines et côtes)
- Monnaie : le nakfa érythréen (ERN) — taux officiel fixé à 15 nakfas pour 1 USD (soit environ 17,5 ERN pour 1 €)
- Fuseau horaire : UTC+3 (soit +2h en hiver par rapport à Paris, +1h en été)
- Président : Isaias Afwerki, au pouvoir depuis l’indépendance en 1993
- Indépendance : le 24 mai 1993 (après un référendum d’autodétermination faisant suite à 30 ans de guerre d’indépendance contre l’Éthiopie)
- Indicatif téléphonique : +291
L’Érythrée est un pays à parti unique, sans constitution en vigueur, souvent décrit par les organisations de défense des droits de l’homme comme l’un des États les plus fermés au monde — une réalité que tout voyageur doit avoir en tête avant de partir.
Formalités et visa : ce qui est obligatoire pour les Français
C’est l’étape la plus critique de la préparation d’un voyage en Érythrée. Ne sous-estimez pas les délais et contraintes.
Le visa obligatoire
L’entrée des Français en Érythrée est soumise à l’obtention d’un visa qui doit être demandé auprès de l’ambassade d’Érythrée à Paris. Sauf exception et accord préalable des autorités, aucun visa n’est délivré à l’aéroport d’Asmara.
Il existe quatre types de visa : tourisme, affaires, officiel et diplomatique. Pour un voyage touristique, le visa de tourisme est la seule option réaliste. Il importe de bien choisir le type de visa en fonction de l’objectif du voyage, le régime des autorisations de déplacement dans le pays étant lié à la nature du visa.
Délai à prévoir : le délai de délivrance du visa est d’environ deux à trois semaines. Anticipez au moins un mois avant votre départ. Le visa délivré par les autorités permettra un séjour de 30 jours en simple ou multiples entrées.
Documents nécessaires (source : ambassade d’Érythrée à Paris / agences de visa) :
- Passeport original valide au minimum 6 mois après la fin du séjour, avec deux pages vierges libres. L’ambassade peut refuser tout passeport abîmé.
- Formulaire de demande complété
- 2 photos d’identité couleur (format 4,5 x 3,5 cm)
- Justificatifs du voyage (réservation d’hôtel, itinéraire)
- Assurance médicale et rapatriement
Ambassade d’Érythrée à Paris : La demande de visa s’effectue directement auprès de l’ambassade d’Érythrée en France. Il n’existe pas de système d’e-visa.
Le Travel Permit : obligatoire pour bouger dans le pays
C’est le point que beaucoup de voyageurs ne savent pas avant de partir : un « Travel Permit » est obligatoire pour sortir à plus de 20 km de la capitale ou du lieu de résidence.
Ces permis de voyage sont à demander auprès du Ministère du Tourisme érythréen à Asmara. Ils sont en général délivrés sous 24h. Certaines zones peuvent devenir interdites sans préavis. Les autorisations de déplacement sont plus facilement accordées aux touristes qu’aux titulaires de visas officiels ou diplomatiques.
En pratique : planifiez vos excursions à l’avance et comptez du temps à Asmara pour obtenir vos Travel Permits avant chaque déplacement.
Les frontières terrestres
Après avoir été brièvement ouverte entre le 11 septembre et le 26 décembre 2018, la frontière terrestre avec l’Éthiopie est de nouveau fermée. La frontière avec Djibouti demeure fermée et aucune liaison aérienne n’existe entre les deux pays. De même, la frontière avec le Soudan est fermée, sauf autorisation exceptionnelle.
En pratique : l’avion depuis Paris est le seul moyen réaliste d’entrer en Érythrée.
Douanes : règles à connaître impérativement
Tous les appareils électroniques dont les voyageurs sont en possession doivent être déclarés à leur arrivée à Asmara. Ils doivent également remplir une déclaration de possession de devises étrangères si le montant est supérieur à 10 000 dollars américains ou l’équivalent en devises étrangères. Ces règles sont très strictement appliquées. Tout manquement peut être sanctionné par des confiscations assorties d’amendes et par le report du départ.
Il est interdit de quitter le territoire avec plus de 500 nakfas sous peine de se voir refuser l’embarquement à l’aéroport.
Comment se rendre en Érythrée depuis la France
En avion
Il n’existe pas de vol direct Paris-Asmara. La compagnie Turkish Airlines propose des vols au départ de Paris Charles de Gaulle, avec une escale à Istanbul. Compter environ 13h de trajet, escale comprise. D’autres compagnies (EgyptAir, Qatar Airways, Ethiopian Airlines…) opèrent également sur cet itinéraire via leurs hubs respectifs (Le Caire, Doha, Addis-Abeba).
L’aéroport d’arrivée est l’Aéroport International d’Asmara (code IATA : ASM), situé à environ 6 km du centre-ville.
Prix indicatifs aller-retour depuis Paris :
- Bas prix (bien anticipé) : à partir de ~450-600 €
- Prix moyen : 700-1 000 €
- Haute saison ou dernière minute : 1 200 € et plus
Conseil : le nombre de compagnies desservant Asmara est limité. Comparez sur les comparateurs classiques (Kayak, Momondo, Skyscanner) et réservez au moins 6 à 8 semaines à l’avance pour avoir le choix.
Quand partir en Érythrée ?
L’Érythrée présente deux grands profils climatiques selon la région :
Le plateau et Asmara (2 300 m d’altitude) : un climat agréable toute l’année
Grâce à son altitude, Asmara bénéficie d’un climat doux et tempéré, avec des températures qui oscillent en moyenne entre 15 et 25°C toute l’année. La période sèche s’étend d’octobre à mai, ce qui correspond à la meilleure période pour visiter la capitale. La saison des pluies sur les hauts-plateaux tombe principalement entre juin et septembre, pas forcément un obstacle, mais les routes vers certains sites peuvent être plus difficiles d’accès.
Les côtes et la mer Rouge (Massaoua, îles Dahlak) : chaud et ensoleillé
Sur la côte, les températures sont bien plus élevées, surtout en été. Les moustiques transmettant le paludisme et la dengue sont présents de manière endémique dans les zones au-dessous de 1 500 mètres et sur la côte de la Mer Rouge, Massaoua incluse.
La meilleure période pour visiter l’Érythrée couvre globalement d’octobre à mars, lorsque les températures sur le plateau sont les plus agréables (fraîches la nuit, douces le jour) et que la côte est encore supportable avant la grande chaleur d’été.
Que voir et que faire en Érythrée : les incontournables
1. Asmara : la “Piccola Roma” d’Afrique, inscrite à l’UNESCO
C’est le point de départ incontournable de tout voyage en Érythrée. Surnommée “Piccola Roma” (petite Rome d’Afrique), Asmara a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2017 pour son architecture unique.
Située à plus de 2 000 m au-dessus du niveau de la mer, la capitale de l’Érythrée s’est développée à partir des années 1890 comme un avant-poste militaire de la puissance coloniale italienne. Il s’agit d’un témoignage exceptionnel du début de l’urbanisme moderne, à l’aube du XXe siècle, et de son application dans un contexte africain.
Les bâtiments Art Déco, futuristes et rationalistes qui jalonnent le centre-ville sont d’un niveau de préservation rare, une conséquence paradoxale de la fermeture du pays au monde extérieur. Parmi les incontournables architecturaux :
La station-service Fiat Tagliero (1938) : construite en forme d’avion sur le point de décoller, sans colonnes de soutien pour ses ailes en béton, c’est l’un des édifices les plus photographiés d’Érythrée. Un chef-d’œuvre du futurisme.
La cathédrale de l’Église catholique romaine (cathédrale Notre-Dame-du-Rosaire) : une impressionnante église de style lombard-roman avec son haut clocher, repère visuel du centre-ville.
La cathédrale orthodoxe Nda Mariam : dédiée à la Vierge Marie, elle mêle architecture italienne et influences érythréennes. Très vivante, notamment le dimanche matin.
L’Opéra d’Asmara : construit en 1920, emblème de l’influence italienne, il est encore actif.
Le cinéma Impero et le marché central (Medeber) : où l’artisanat et la récupération créative sont élevés au rang d’art.
La Grande Mosquée Al Khulafa Al Rashiudin : construite pendant la période coloniale italienne, c’est la mosquée la plus fréquentée d’Asmara, au cœur du quartier du marché historique.
L’avenue de la Libération (Harnet Avenue) : l’artère principale de la ville, bordée de cafés à l’italienne où le macchiato (café court serré) est une institution nationale.
Note pratique : il est strictement interdit de photographier les bâtiments officiels et les installations militaires. Il est nécessaire d’obtenir un permis pour photographier le site du cimetière et d’autres sites culturels importants. Soyez vigilant avec votre appareil photo.
2. Massaoua (Massawa) : la perle de la mer Rouge
Située à environ 100 km d’Asmara (accessible en 3h par la route ou en quelques heures par l’ancien train colonial), Massaoua est une ville portuaire historique dont l’architecture témoigne de plusieurs siècles d’influences mêlées : ottomane, égyptienne, italienne. Les architectures italienne, égyptienne et turque de Massaoua reflètent la riche histoire de cette ville portuaire. Les principaux monuments sont la cathédrale Saint-Mariam et le palais impérial.
La ville porte encore les cicatrices des bombardements éthiopiens des années 1990. Ces ruines en partie laissées en l’état constituent un mémorial de guerre à ciel ouvert, saisissant. Massaoua est également le principal point d’embarquement pour les îles Dahlak.
Rappel santé : Massaoua est en zone de risque paludisme. Protections anti-moustiques et antipaludéens recommandés.
3. L’archipel des Dahlak : plongée au bout du monde
Les îles Dahlak constituent l’un des plus précieux joyaux naturels du pays. Accessible via Massaoua, l’archipel séduit par ses plages au sable fin, ses villages de pêcheurs traditionnels. Les visiteurs peuvent s’adonner à la plongée sous-marine ou à l’observation des tortues marines, requins, dauphins et vastes récifs coralliens.
L’archipel compte plus d’une centaine d’îles et îlots. Il s’explore en bateau depuis Massaoua, la location d’un bateau avec guide est obligatoire (les déplacements y sont réglementés). La location d’un bateau pour les Dahlak : 13 000 ERN (environ 620 €) par jour, repas compris. Comptez au moins 2 à 3 jours sur l’archipel pour en profiter pleinement.
Quelques agences à Asmara organisent des excursions combinant Massaoua et les Dahlak sur 2-4 jours.
4. Keren : le marché aux chameaux du lundi
À environ 90 km au nord-ouest d’Asmara, Keren est la deuxième ville du pays. Elle est particulièrement connue pour son marché aux chameaux du lundi matin, l’un des plus animés de toute la Corne de l’Afrique. Agriculteurs, éleveurs, marchands de tissu et épices s’y retrouvent dans une atmosphère qui n’a pratiquement pas changé depuis des siècles. La ville elle-même abrite plusieurs sites intéressants, dont le mausolée du Nayib et les vestiges du fort britannique de la Seconde Guerre mondiale.
Un Travel Permit est requis pour se rendre à Keren depuis Asmara.
5. Qohaito et les ruines préhistoriques de la région sud
Pour les passionnés d’histoire ancienne, les sites archéologiques du sud du pays, notamment Qohaito (ou Koloe), ancienne ville de l’empire d’Aksoum datant du Ier millénaire, constituent un voyage dans la profondeur du temps. On y trouve des temples, des stèles et une citerne en pierre d’une taille impressionnante. La plus grande prudence est conseillée en cas de déplacement dans le sud-ouest de l’Érythrée. Le sud est accessible mais nécessite permis et guide local.
6. Le train colonial Asmara-Massaoua
La ligne de chemin de fer qui longe un escarpement de falaise d’Asmara à Massaoua offre une vue panoramique sur les vallées et les sommets accidentés de la région. Construit entre 1887 et 1932 pendant la période coloniale italienne, remis partiellement en service après l’indépendance, ce train à voie étroite descend 2 300 mètres de dénivelé en quelques heures à travers des paysages spectaculaires. Disponibilité variable : renseignez-vous sur place auprès des agences locales.
Sécurité : ce que dit le Quai d’Orsay (mai 2026)
Lisez attentivement cette section avant de vous décider à partir.
Niveau de vigilance global : Les villes d’Asmara et de Massaoua se trouvent en zone de vigilance renforcée. Le Ministère des Affaires étrangères recommande une attention accrue dans ces deux villes.
Zones formellement déconseillées : Compte tenu de la présence récurrente de groupes armés dans le désert des Danakils, il est formellement déconseillé de se rendre dans cette région. Les zones frontalières avec l’Éthiopie et le Soudan peuvent également présenter des dangers en raison de la présence de groupes armés et de mines. Les autorisations de déplacement dans ces régions sont très rarement accordées.
Zones avec contrôles militaires : L’attention des voyageurs est attirée sur le contrôle que les autorités militaires djiboutiennes exercent sur l’accès à une zone au nord des villes situées sur l’axe Balho, Adaïlou, Ouaddhi, Godoria. Des barrages sont installés par les Forces armées érythréennes sur les principaux itinéraires. Tout déplacement dans cette zone peut être soumis à l’autorisation des FAD, de manière épisodique, et sans préavis, voire même temporairement interdit.
L’accès aux sites de l’Oued Kalou et du mont Moussa Ali est interdit même à des fins touristiques.
Vie sociale et comportement en public : Les manifestations dans les grands centres urbains sont rares mais peuvent être violemment réprimées par les forces de sécurité. Il est conseillé de se tenir à distance de tout rassemblement ou mouvement de foule.
Capacité d’aide consulaire limitée : L’ambassade de France en Érythrée dispose de capacités limitées pour venir en aide aux Français en cas de crise. Les Français qui se rendent dans le pays sont invités à s’assurer qu’ils disposent de contrats d’assurance adaptés à la situation du pays ainsi que des moyens financiers nécessaires pour couvrir d’éventuels frais d’hospitalisation ou d’évacuation.
Conseil impératif : inscrivez-vous sur le service Fil d’Ariane avant de partir, et consultez régulièrement la fiche pays Érythrée du Quai d’Orsay.
Santé : vaccins et risques à connaître
Consultez impérativement un médecin spécialisé en médecine des voyages ou un centre de vaccination internationale au moins 4 à 6 semaines avant votre départ.
Vaccins recommandés
- DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite) : mise à jour obligatoire
- Hépatite A et B
- Typhoïde
- Méningite (selon itinéraire et durée)
- Fièvre jaune : non obligatoire pour les voyageurs arrivant de France, mais votre médecin peut vous le recommander selon votre parcours
Paludisme
C’est le risque infectieux principal à prendre au sérieux. Les moustiques transmettant le paludisme et la dengue sont présents de manière endémique dans les zones au-dessous de 1 500 mètres et sur la côte de la Mer Rouge, Massaoua incluse.
Concrètement : Asmara (à 2 325 m) est considérée comme hors zone de risque élevé. En revanche, dès que vous descendez vers la côte ou les plaines, Massaoua, les Dahlak, les zones ouest, le risque paludéen est réel. Antipaludéens, répulsifs cutanés, moustiquaire imprégnée : les trois sont recommandés dès que vous quittez le plateau.
Dengue et autres maladies vectorielles
La dengue est une maladie virale transmise par piqûres de moustiques. Les mêmes protections anti-vectorielles s’appliquent.
Infrastructure médicale
L’Érythrée dispose d’infrastructures médicales limitées, particulièrement hors de la capitale. Les Français qui se rendent dans le pays sont invités à s’assurer qu’ils disposent des moyens financiers nécessaires pour couvrir d’éventuels frais d’hospitalisation ou d’évacuation.
Une assurance voyage avec rapatriement médical est impérative. Elle doit couvrir la totalité des frais médicaux à l’étranger ainsi que l’évacuation sanitaire — votre carte Vitale ne couvre rien hors de l’Union européenne.
Budget : combien coûte un voyage en Érythrée ?
Préparez-vous : l’Érythrée n’est pas une destination bon marché pour les voyageurs occidentaux, surtout si vous souhaitez sortir de la capitale. Voici une synthèse des coûts réels.
La monnaie et les paiements
La monnaie est le nakfa érythréen (ERN). Le taux officiel est fixe : 1 USD = 15 nakfas (soit ~17,5 ERN pour 1 €). Les cartes bancaires ne sont pratiquement pas acceptées en Érythrée. Il faut tout payer en cash, en nakfas ou parfois en dollars. Prévoyez d’emporter suffisamment de cash en euros ou en dollars, à échanger dans les banques officielles à Asmara (le taux officiel est le seul légal).
Il est interdit de quitter le territoire avec plus de 500 nakfas sous peine de se voir refuser l’embarquement à l’aéroport. Ne convertissez pas plus que ce que vous dépenserez sur place.
Coûts indicatifs sur place
Hébergement : de 300 à 500 ERN pour une chambre double de standard local (soit environ 17 à 28 €). Seuls quelques grands hôtels à Asmara proposent des prestations plus élevées, de 1 000 à 4 000 ERN (environ 57 à 228 €). Repas : de 125 à 200 ERN par personne, boissons incluses (7 à 11 €). Transports : en bus, de 20 à 30 ERN pour les longues distances. Pour les courtes distances dans la capitale : 2 ERN en bus, 60 ERN en taxi.
Pour un voyage de deux semaines, hors vol international, un voyageur très économe peut viser un budget autour de 700 à 1 000 € si l’itinéraire reste centré sur Asmara, Keren et Massaoua en transports collectifs. Un voyage plus confortable, avec hôtels corrects, taxis, guides ponctuels et une sortie en mer Rouge, se situe plutôt entre 1 300 et 2 200 € par personne.
Les excursions en mer Rouge et dans l’archipel Dahlak sont le principal poste de dépense : la location d’un bateau pour les îles Dahlak représente environ 620 € par jour, repas compris. En groupe, ce coût se divise évidemment.
Ce qu’on oublie souvent de budgéter
- Le visa (frais consulaires à l’ambassade d’Érythrée à Paris)
- Les Travel Permits (frais à régler au Ministère du Tourisme à Asmara)
- L’assurance voyage complète (rapatriement médical inclus)
- Le vol international (compter 600 à 1 200 € selon disponibilité et anticipation)
Culture, coutumes et codes à respecter
Une mosaïque de neuf groupes ethniques
L’Érythrée est une véritable mosaïque culturelle, composée de neuf groupes ethnolinguistiques distincts. Les deux principaux groupes, les Tigrigna et les Tigrés, représentent à eux seuls 80 % de la population érythréenne. Les sept autres groupes sont : les Kunama, les Nara, les Hedareb, les Rashaidas, les Bilen, les Saho et les Afar.
La diversité culturelle érythréenne s’exprime également dans les religions pratiquées : si les Tigrigna sont majoritairement chrétiens orthodoxes, les autres groupes sont majoritairement musulmans sunnites. Les Kunamas sont quant à eux majoritairement animistes.
Cette coexistence ancienne entre traditions chrétiennes et musulmanes se traduit dans la vie quotidienne par une grande tolérance interreligieuse observable à Asmara, où mosquées et cathédrales se côtoient à quelques rues de distance.
Visite pour les voyageurs musulmans
Pour les lecteurs de voyages-yolo.fr qui voyagent en accord avec leur foi :
- L’Érythrée accueille une très large population musulmane dans les régions côtières et les plaines. Les mosquées sont nombreuses et actives, notamment à Massaoua et dans les régions ouest.
- Nourriture halal : dans les zones à majorité musulmane, la restauration halal est largement accessible. À Asmara, en revanche, la cuisine locale mêle traditions érythréennes orthodoxes et apports italiens (les pâtes et la pizza font partie du paysage culinaire local).
- Comportement en public : le respect des sensibilités religieuses locales (tenue correcte, discrétion en public) s’impose naturellement dans un pays où les deux grandes traditions religieuses coexistent.
- Ramadan : dans les zones à majorité musulmane, le Ramadan est observé sérieusement. Adaptez votre comportement en conséquence si vous voyagez à cette période.
Conseils de comportement général
Les boissons alcoolisées sont autorisées. Le trafic et la possession de stupéfiants sont sévèrement réprimés. Il est strictement interdit de photographier les bâtiments officiels et les installations militaires. Il est nécessaire d’obtenir un permis pour photographier le site du cimetière et d’autres sites culturels importants.
Ne critiquez jamais le gouvernement ou le président en public. C’est un pays à parti unique avec un appareil de surveillance interne. La prudence s’impose dans les conversations, y compris avec des inconnus.
Transport sur place
Les quatre grands axes routiers du pays (Asmara-Massaoua ; Asmara-Keren-Aqordat-Barentou-Tesseney ; Asmara-Mendefera-Adi Kwala ; Asmara-Deqemhare-Adi Qeyeh) sont asphaltés. Ces quatre routes principales suffisent à atteindre les principaux sites touristiques.
- Bus interurbains : économiques et disponibles sur les grands axes. Comptez 20 à 30 ERN pour les longues distances (Asmara-Massaoua, Asmara-Keren). Confort spartiate.
- Taxi : disponibles à Asmara, à négocier avant de monter. Environ 60 ERN pour un trajet en ville.
- Voiture avec chauffeur : indispensable pour les sites hors routes principales (Dahlak exclue) ou si vous souhaitez une logistique plus souple. À organiser via des agences locales à Asmara.
- Train colonial : disponibilité variable ; renseignez-vous sur place.
- Bateau : pour les îles Dahlak, uniquement via location organisée depuis Massaoua.
Combien de temps prévoir pour visiter l’Érythrée ?
Compte tenu des délais administratifs (obtention des Travel Permits sur place, déplacements limités à 20 km sans permis), un séjour minimum de 7 à 10 jours est recommandé pour aller au-delà d’Asmara.
Un itinéraire réaliste pour 10 jours :
- Jours 1-3 : Asmara (architecture UNESCO, cafés, marchés, formalités de Travel Permit)
- Jours 4-5 : Keren (marché aux chameaux du lundi, ville, retour Asmara)
- Jours 6-7 : Descente vers Massaoua (ville, ruines de guerre, port)
- Jours 8-10 : Îles Dahlak (2-3 nuits en bateau ou hébergement sur place)
Pour les sites archéologiques du sud (Qohaito), comptez 2 jours supplémentaires depuis Asmara. La plus grande prudence est conseillée dans le sud-ouest.
FAQ : vos questions sur l’Érythrée
Les Français ont-ils besoin d’un visa pour aller en Érythrée ? Oui, sans exception. Le visa doit être demandé à l’ambassade d’Érythrée à Paris avant le départ. Comptez 2 à 3 semaines de délai. Aucun visa n’est délivré à l’aéroport d’Asmara.
Peut-on voyager librement en Érythrée ? Non. Un Travel Permit est obligatoire pour se déplacer à plus de 20 km de la capitale. Ces permis sont délivrés par le Ministère du Tourisme à Asmara, généralement sous 24h, mais certaines zones peuvent être interdites sans préavis.
Peut-on payer par carte bancaire en Érythrée ? Non, pratiquement pas. Le système bancaire est très limité et les distributeurs automatiques sont rares. Tout se règle en cash (nakfas ou dollars). Prévoyez suffisamment d’argent liquide pour tout votre séjour.
Peut-on entrer en Érythrée par voie terrestre depuis l’Éthiopie ou Djibouti ? Non. La frontière terrestre avec l’Éthiopie est fermée depuis fin 2018, la frontière avec Djibouti est également fermée, tout comme celle avec le Soudan (sauf autorisation exceptionnelle). La seule entrée réaliste est par avion à l’aéroport d’Asmara.
Quelle est la situation des droits de l’homme en Érythrée ? L’Érythrée est régulièrement classée parmi les pays les plus restrictifs au monde en matière de libertés publiques. Il n’existe pas de presse indépendante, pas d’opposition politique légale, et le service militaire obligatoire est de durée indéterminée. Cette réalité politique ne doit pas être ignorée du voyageur.
L’Érythrée est-elle dangereuse pour les touristes ? Asmara et Massaoua sont en “zone de vigilance renforcée” selon le Quai d’Orsay. Le pays n’est pas considéré comme une zone de conflit actif, mais les zones frontalières (Éthiopie, Soudan, désert des Danakils) sont formellement déconseillées. Consultez impérativement les conseils aux voyageurs avant de partir.
Peut-on utiliser Internet en Érythrée ? La connexion Internet est très lente, chère et peu fiable. Les réseaux sociaux peuvent être difficiles d’accès. Ne comptez pas dessus pour votre navigation quotidienne.
Contacts et ressources officielles
- Fiche pays Érythrée – Quai d’Orsay : diplomatie.gouv.fr/fr/information-par-pays/erythree
- Alertes voyageurs en temps réel : Fil d’Ariane
- Ambassade de France en Érythrée : Warsay Street, Saba Building, 8e étage, Asmara – er.ambafrance.org
- Ambassade de France en Érythrée (tél. depuis la France) : +33 3 59 39 70 03
- Ministère du Tourisme érythréen : PO Box 1844, Asmara – Tél. : +291 1 12 00 73
- Police et secours en Érythrée : Police : 113 / Pompiers : 114
Pour aller plus loin sur voyages-yolo.fr
Vous préparez un circuit dans la Corne de l’Afrique ? Voici les ressources qui pourraient compléter votre voyage en Érythrée :
- Notre guide complet pour voyager à Djibouti — le pays voisin, plus accessible, pour compléter votre exploration de la Corne de l’Afrique
- Les pays d’Afrique sûrs et peu touristiques à visiter — pour contextualiser l’Érythrée dans le panorama des destinations africaines peu fréquentées
- Nos conseils pour voyager sereinement à l’étranger — santé, budget, assurance, organisation : les essentiels avant de partir vers des destinations exigeantes




